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Historia Mensuel : Arthur et sa légende

 
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guenièvre
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PostPosted: 25/12/2006 14:29:56    Post subject: Historia Mensuel : Arthur et sa légende Reply with quote

Venue d'Angleterre, la légende arthurienne a très vite conquis la France, puis l'Europe. Aujourd'hui, elle est plus présente que jamais, inspirant aussi bien des films que des publicités ou des sériés télévisées, comme en témoigne le succès de Kaamelott.

Sur quatre roues

En 1964, l'Américain Brook Stevens conçoit une voiture aux lignes fortement inspirées de la Mercedes SSK des années 1920, mais composée d'éléments modernes. Il décide d'appeler cet étrange assemblage Excalibur, comme la fameuse épée du roi Arthur. Celle-ci sert de logo et figure en bonne place sur le capot, en tant que bouchon de radiateur.

Dans la publicité

Les publicitaires de la marque de prêt-à-porter Morgan ont vite vu le parti qu'ils pouvaient tirer du prénom de la maléfique et séduisante demi-soeur d'Arthur. Puissante, libre et sensuelle, Morgane l'enchanteresse correspond à merveille à l'image moderne de la femme fatale.

A la télévision

Entretien avec Alexandre Astier


Depuis janvier 2004, Kaamelott rassemble quotidiennement 4 millions de téléspectateurs à 20 h 40 sur M6. Retour sur cet extraordinaire engouement et évocation de projets cinématographiques avec le créateur de la série.

Historia - Comment est né le projet de Kaamelott, cette série humoristique ?

Alexandre Astier - C'est avant tout une envie de comédien. J'avais le désir de filmer et d'interpréter des histoires dans lesquelles les gens ne se comprennent pas lorsqu'ils communiquent entre eux. Dans Kaamelott, à l'inverse de ce qui se passe dans la vraie légende, Arthur est le seul détenteur de la mission du Graal. La Dame du Lac ne s'adresse qu'à lui, et il n'y a que lui qui puisse la voir. De ce fait, il devient l'unique passeur de l'information, ce qui engendre des situations cocasses. Il me plaît de réduire de très grandes choses à de très petites, de faire surgir des gens incapables au milieu d'événements importants.

J'avais en tête un cliché du monde arthurien avec une dimension épique tant dans le jeu que dans l'écriture. Je trouvais jubilatoire de la réduire à une sorte de conseil d'administration un peu « foireux ». C'est d'ailleurs le thème d'un court métrage intitulé Dies Irae (Jour de colère), que j'ai tourné en 2002 et qui se passe autour de la Table ronde. Ce petit film de quinze minutes est la pierre angulaire de Kaamelott. Je suis sorti du cadre confiné de la Table ronde pour élargir l'environnement aux conquêtes, aux batailles, aux romances, etc.

H. - Avant d'entreprendre l'écriture de la série, étiez-vous passionné par l'univers arthurien ?

A. A. - Je n'avais quasiment aucune connaissance sur le monde arthurien si ce n'est tous les lieux communs autour du triangle amoureux composé par Arthur, Guenièvre et Lancelot ; quelques notions sur Perceval et le Graal. Grand amateur de jeux de rôles, j'avais tout de même une idée assez précise de la manière d'appréhender le monde médiéval. La période arthurienne qui m'intéresse le plus est celle supposée historique, aux contours assez flous, au moins de sept siècles antérieure à la version littéraire.

H. - Sur quelles sources vous êtes-vous appuyé ?

A. A. - Pour écrire, je privilégie les sources techniques aux sources littéraires. Je trouve davantage d'inspiration dans les livres de l'historien Jean Markale - spécialiste du monde celtique qui recense les noms de lieux, de personnages et les liens familiaux des principaux protagonistes - que dans l'oeuvre de Chrétien de Troyes. Le travail de cet auteur médiéval répond à une commande officielle de Marie de Champagne. On sent qu'on récupère là une petite matière : un dux bellorum (chef de guerre) supposé relativement vaillant qui a laissé des traces dans le monde britto-romain. Ce n'est pas ce qu'il y a de plus inspirant pour quelqu'un qui écrit.

Je me suis beaucoup intéressé aux fouilles archéologiques dans le sud-ouest de l'Angleterre qui tentent de localiser le véritable site de Camelot. Je me suis aussi documenté sur le peuple picte, la désertion romaine de l'île de Bretagne et les invasions saxonnes. En ce qui concerne les reconstitutions, notamment les costumes, les chevaliers de la Table ronde portent des armures du XVIe siècle ! Je sais bien que ce n'est pas logique mais je l'assume. Je serai bien plus rigoureux dans la trilogie cinématographique, dont le premier opus est prévu pour 2010. Pour être précis, il faut avoir de l'argent.

Quant aux lieux, je ne filme jamais Camelot en entier. C'est volontaire, ne m'étant pas décidé sur la nature architecturale du château mythique du roi Arthur. Je l'imagine davantage ressemblant à un fort romain qu'à un château en pierres de taille massives, posé sur une colline. Sur le site de Camelot, où je suis allé, tout laisse penser à une forteresse romaine.

H. - Quelle est la part de la réalité historique dans cette fiction ?

A. A. - Je considère Kaamelott comme un monde recomposé. Toutefois, le fondement de vérité canalise ce qui se passe. Il faut que je me débrouille pour que le scénario soit cohérent tant du côté romain (historique) que du côté Excalibur (légendaire). Les événements doivent aussi bien fonctionner avec la famille Pendragon qu'avec Romulus Augustule, l'empereur de 11 ans qui règne à l'époque d'Arthur. En définitive, le fait de me discipliner pour coller à l'Histoire génère de meilleures idées. Imaginer des dialogues - dans un langage qui est le nôtre, avec un souci de proximité entre le spectateur et les personnages - et des situations qui découlent de discussions politiques entre un chef de guerre local et un empereur de 11 ans est un terrain inépuisable pour la comédie. De même concernant les débuts de la chrétienté, la fin de la romanité : les gens ne comprennent plus s'ils doivent être Celtes, Romains, Gréco-Romains ou chrétiens. Le VIe siècle est un vaste « bordel ». J'ai fait en sorte qu'Arthur soit un roi progressiste qui essaie à petits pas d'aller vers l'abolition de la peine de mort, l'abolition de la torture et de l'esclavage. Il est entouré de réactionnaires et de passéistes. Ce point de vue se mélange bien avec ce carrefour historique.

Propos recueillis par Eric Pincas

Au cinéma

Sacré Graal (1975)

Lapins volants, chevaliers hystériques et noix de coco : c'est à une véritable recréation de l'univers arthurien que se livrent les Monty Python. Le film, avec son aspect artisanal, est aussi une réussite esthétique.

Perceval le gallois (1978)

Avec des décors en carton-pâte qui tournent délibérément le dos au réalisme, Eric Rohmer entend redonner toute sa place au texte original du Perceval de Chrétien de Troyes, déclamé en ancien français.

Excalibur (1981)
Très hollywoodien, le film de John Boorman fait le pari de la démesure et du fantastique : deux heures durant, les principaux épisodes de la légende alternent avec de belles scènes de batailles.

Le roi arthur (2004)

Si ce film anglais peut agacer par ses prétentions historiques et quelques dialogues peu inspirés, il n'en prouve pas moins la vitalité, encore aujourd'hui, du mythe arthurien.

Dans l'onomastique

Renouveau des prénoms arthuriens
En France, les prénoms tirés de la légende d'Arthur sont généralement peu portés au cours du XXe siècle. Ils semblent cependant avoir bénéficié d'un retour en grâce depuis la sortie du film Excalibur, en 1981.


Arthur Le prénom du roi mythique, qui signifie « ours » en celte, est attribué à environ 700 enfants par an au début du siècle. Après la Seconde Guerre mondiale, il se raréfie nettement, et ce jusqu'aux années 1980. Arthur devient alors courant, au point d'être 21e au classement des prénoms masculins les plus attribués en 2003, avec près de 4 000 occurrences.

Gauvain Neveu d'Arthur, excellent combattant, défenseur des veuves et des jeunes filles en péril, c'est le favori de ces dames. Sa galanterie constitue d'ailleurs son principal défaut et l'empêche de devenir le parfait chevalier. Ce prénom n'est pas porté avant 1980 en France, et reste rare, avec 20 petits Gauvain en 2003.


Lancelot Connu pour sa valeur guerrière, mais aussi pour la relation adultère qu'il entretient avec la reine Guenièvre, Lancelot est le plus célèbre chevalier de la Table ronde. Son prénom n'est pourtant quasiment pas attribué avant les années 1980. Il s'est assez bien répandu depuis, 70 nouveaux porteurs étant ainsi recensés en 1999, c'est-à-dire après la sortie de Lancelot, un film où le chevalier est incarné par Richard Gere.


Merlin Le prénom du magicien, ami et mentor du roi Arthur, a connu une fulgurante croissance au cours des vingt dernières années, jusqu'à servir de prénom à 100 garçons en 2003.


Morgane Demi-soeur d'Arthur, avec qui elle commet l'inceste, cette éternelle « méchante » dénonce en outre l'adultère de Guenièvre et Lancelot. Elle a pourtant bénéficié depuis 1980 du même courant de popularité que des héros arthuriens plus positifs, peut-être aidée en cela par la chanson de Renaud Morgane de toi (1983). Inexistant dans la première moitié du XXe siècle, ce prénom est maintenant donné à plus de 2 000 petites filles chaque année, ce qui en fait l'un des 50 prénoms féminins les plus attribués.


Viviane Le prénom de cette fée, qui est aussi la Dame du Lac, est le seul des prénoms arthuriens à ne pas connaître d'envolée de son attribution au début des années 1980, son heure de gloire remontant plutôt à 1955. Curieusement, c'est aussi le seul de ces prénoms qui ne figure pas dans le film de John Boorman.


En Bretagne : En quête de Brocéliande

Objet de batailles d'érudits au XIXe siècle, la localisation de la mythique forêt de Brocéliande fait toujours débat. Pour les offices du tourisme, le doute n'est cependant pas permis : Brocéliande n'est autre que la forêt de Paimpont, à l'ouest de Rennes.

La fontaine de Barenton
C'est le site le plus visité de la forêt de Paimpont. Dans son Roman de Rou, vers 1170, le poète anglo-normand Wace situe la fontaine dans la forêt de Brocéliande. Sur la foi de ce seul indice, on n'a pas hésité à faire de Barenton la fontaine de Brocéliande où Yvain, le chevalier au lion de Chrétien de Troyes, déclenche un cataclysme en répandant de l'eau sur la margelle.
L'église de Tréhorenteuc
Elle doit sa renommée à l'excentrique abbé qui la fit décorer pendant la Seconde Guerre mondiale. L'entrée de l'édifice est surmontée d'une inscription volontairement mystérieuse : « La porte est en dedans. » Une fois à l'intérieur, on découvre des tableaux et des vitraux d'inspiration médiévale, qui évoquent la légende du Graal dans un curieux mélange de foi chrétienne, de traditions celtes et de symboles ésotériques. Nombre d'or, forces telluriques, triskèles - motifs décoratifs celtes -, représentations des quatre éléments et lapins plus ou moins maçonniques... autant de sujets d'interprétation pour les touristes en quête de mystères bretons.
Le tombeau de Merlin
Au coeur de la forêt de Paimpont, il revêt aujourd'hui une apparence des plus modeste : quelques pierres de schiste et un pied de houx composent une sorte d'autel rudimentaire, au pied duquel de nombreux touristes déposent chaque année voeux et poèmes.
Comper
C'est au fond de l'un des étangs de Comper que Merlin aurait aménagé un palais de cristal pour la fée Viviane, la fameuse Dame du Lac. Lancelot du Lac, le plus célèbre chevalier de la Table ronde, aurait été élevé dans ce domaine sous-marin. Aujourd'hui, le château bien réel qui borde l'étang abrite le Centre de l'imaginaire arthurien. Cette association de passionnés propose, de mars à octobre, de nombreuses expositions, ainsi que d'étonnantes visites guidées dans la forêt de Paimpont - pardon, de Brocéliande -, apparition de la Dame du Lac incluse !

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